Hamilton, 22 ans 4 mois et 6 jours, a en effet terminé pour la troisième fois en quatre courses sur la deuxième marche du podium, devançant dimanche son coéquipier double champion du monde Fernando Alonso. Le Néo-Zélandais Bruce McLaren -fondateur de l'écurie pour laquelle court le Britannique- avait mené le Championnat du monde 1960 grâce à une victoire lors du premier GP de la saison, en Argentine, à 22 ans 5 mois et 8 jours.
"Je continue de dire que je vis mon rêve: être devant les meilleurs pilotes est vraiment génial", commente Hamilton avec une joie toute en retenue.
"Dès après mon second ravitaillement, je pensais bien que je prendrais la tête du Championnat, reconnaît-il. Je ne m'attendais pas à faire aussi bien dès ma première saison, mais restons objectifs: nous n'en sommes qu'au début, j'aurai des hauts et des bas."
Massa, lui, était tout à sa joie d'avoir facilement remporté son deuxième Grand Prix consécutif en creusant impitoyablement un confortable écart sur ses poursuivants.
Sa F2007 était supérieure à ses concurrentes dimanche ce qui rend plus amère encore la casse de Kimi Räikkönen après neuf tours seulement. Si le Brésilien est revenu à deux longueurs de la tête du Championnat, devant Alonso, Räikkönen a décroché et pointe désormais quatrième à huit points.
"Je ne sais pas ce qui lui est arrivé, mes ingénieurs m'ont simplement dit qu'il avait des problèmes, mais c'est dommage car nous aurions certainement pu bien finir tous les deux, peut être même réussir le doublé", estime Massa.
Il préfère savourer sa propre performance, sous les yeux de son ancien coéquipier Michael Schumacher revenu pour la première fois sur un Grand Prix depuis sa retraite après le Brésil-2006, et en particulier la façon dont il a tenu tête à Alonso au premier virage.
"J'étais à l'intérieur et je n'ai pas lâché: c'était risqué pour tous les deux, mais c'est la compétition et je ne voulais pas tout perdre comme en Malaisie", explique Massa.
En première ligne sur la grille, ils se sont en effet touchés dans le premier virage, l'Espagnol survolté ayant tenté de faire l'extérieur au Brésilien.
L'explication en piste a largement tourné à l'avantage du pilote Ferrari, la McLaren-Mercedes partant dans le gravier et laissant également passer Hamilton et Räikkönen. Mais les deux hommes ont encore croisé le fer en conférence de presse en revenant sur l'incident.
"Nous nous sommes touchés quand il a tenté de me tasser à l'intérieur", affirme Massa.
"J'avais une demi-longueur d'avance, ma voiture est complètement abîmée sur le flanc, ce qui prouve que j'étais devant, chacun peut se faire son opinion", rétorque Alonso.
Quoi qu'il en soit, l'Espagnol est "déçu" de ne pas avoir mieux réussi son GP national. "Après quelques mètres seulement, tu sais que ton but est hors de portée", explique-t-il dépité. "Si tu es quatrième après le premier virage en ayant deux tours de moins d'essence que tes adversaires, tu sais que la victoire devient très difficile. Ensuite, tu peux tout essayer, tu peux mettre les pneus que tu veux... si Kimi (Räikkönen) n'abandonne pas, je ne suis pas sur le podium."
Plus joyeux est Takuma Sato qui, en terminant 8e -grâce au fonctionnement défectueux de la machine à ravitailler Renault qui a obligé Giancarlo Fisichella à un troisième passage au stand en fin de course-, marque le premier point de l'écurie Super Aguri en 22 GP et son premier point personnel depuis sa huitième place en Hongrie-2005 au volant d'une BAR-Honda.
