Fernando Alonso : « Plus spécial chaque jour »

Fernando Alonso : « Plus spécial chaque jour »
La dernière interview du champion du monde avant qu'il ne quitte Renault F1 Team.

La pression devait être immense. Avez-vous jamais douté de la capacité de l'équipe à gagner le championnat ?
FA : Vous voyez le vrai caractère d'une personne ou d'une équipe lorsqu'elles sont sous pression et l'attitude de Renault et de Michelin fut simple : il fallait se battre pour revenir dans la course et le faire avec la manière, dans le respect du sport. Pour moi, cela a été une grande leçon de vie, au-delà même de la Formule 1. Nous avons travaillé sur la mise au point de la voiture sans les amortisseurs de vibrations, Michelin a cherché à améliorer ses enveloppes et les gars à Viry ont travaillé nuits et jours pour régler le problème moteur que nous avions eu ; à tous les niveaux, la détermination était incroyable. A partir de Monza, nous savions que nous avions de nouveau la voiture pour gagner et nous l'avons montré en Chine, où la victoire nous a finalement échappé pour d'autres raisons. C'est là, le seul moment où j'ai douté mais ensuite je me suis dit que le chemin à parcourir était encore long et que tout était possible.

La pression que vous avez subie venait principalement du fait que vous vous battiez avec une légende vivante de la discipline, Michael Schumacher. Racontez nous cette bataille...
FA : Cela a été fantastique de pouvoir se battre contre Michael, un privilège pour moi. J'ai dit en 2005 que c'était important pour moi de devenir champion du monde alors que Michael était toujours en activité, pour la valeur et la reconnaissance que les gens à l'extérieur du petit monde de la Formule 1 accordent au championnat. Mais les gens ont dit que nous ne nous étions pas affrontés directement en 2005, cette année, cela a été moi contre Michael à chaque course. Les livres d'histoire retiendront que les deux derniers championnats du monde auxquels il a participé ont été gagnés par Fernando Alonso et j'en suis très fier. Pour le futur, je ne peux que lui souhaiter le meilleur pour lui et sa famille. Cela a été un plaisir de courir contre lui.

En revenant sur la saison, on a l'impression qu'elle s'est déroulée en plusieurs phases bien distinctes. Dans la première moitié vous étiez quasiment intouchable...
FA : Nous avons eu un très bon début de saison, sans aucun doute. Nous étions prêts pour la première course, notre voiture était prête tout comme notre moteur après le travail remarquable de l'équipe de Viry. Nous avons été capables de gagner les trois premières épreuves car notre package était peut être déjà à 95% de son potentiel. Mais il ne faut pas oublier qu'à Bahreïn, je ne bats Michael que de quelques mètres alors qu'il sort des stands lors de son dernier arrêt et il nous a ensuite battu à Imola et au Nürburgring. Ferrari était là, très proche de nous dès le début et ils avaient encore un peu à gagner sur leur package. A la mi-saison, les gens disaient que le championnat était joué mais cela n'a jamais été notre sentiment au sein de l'équipe. Nous savions que nos concurrents étaient forts et que l'avantage pouvait basculer d'un moment à l'autre. Nous devions continuer d'attaquer et ne rien considérer comme acquis.

Indianapolis semble être le moment où tout a basculé, lorsque Ferrari a pris l'avantage...
FA : Indianapolis a été un week-end difficile pour moi et au milieu de l'été nous avons subi une grande pression au sein de l'équipe. Les Bridgestone avaient clairement l'avantage dans des conditions de piste plutôt chaudes comme à Magny Cours ou Hockenheim et nous avons aussi subi l'interdiction des mass dampers. Cela a été la première décision à nous mettre sous pression. Il y en a eu une autre en Hongrie où nous avons commis une erreur qui nous a coûté la victoire, et enfin Monza, avec cette pénalité en qualifications. En Italie, les choses se sont aggravées avec la casse moteur que nous avons subie et qui a vu tous nos efforts réduits à néant. A la fin de l'été, nous étions quasiment à égalité au championnat et à ce moment là tout le monde considérait que la victoire ne pouvait plus échapper à Ferrari.

Vous laissez filer des points importants en Chine puis à Suzuka une semaine après, vous avez piloté de façon extraordinaire alors que Michael abandonnait...
FA : Je savais que les Ferrari étaient rapides mais j'étais persuadé que les Renault l'étaient aussi. Et j'avais la certitude que le temps remettrait les choses en ordre, à la place que chacun méritait. Nous avons perdu notre avantage à Monza et Ferrari nous l'a rendu au Japon, tout entrait dans l'ordre au final. Cela fait parti du sport, c'est ça aussi la Formule 1. J'ai toujours cru que nous méritions ce championnat et que dans un sens, nous devions prouver que le sport est plus important que tout.

Fernando, vous êtes le plus jeune double champion du monde que la Formule 1 ait connu. Cela doit être un sentiment très fort ?
FA : C'est incroyable ! En passant la ligne d'arrivée, comme l'an dernier, j'étais champion mais je ne pouvais pas vraiment réaliser ce qui venait de se passer. Mais chaque jour passe et je suis un petit peu plus fier de ce que j'ai réalisé avec l'équipe Renault. Et au fil des années, je suis persuadé que ce sentiment grandira en moi. Gagner deux titres de champion du monde dans la discipline la plus noble du sport automobile est un sentiment extraordinaire.

Avez-vous célébré cette victoire ?
FA : Il y a eu depuis de nombreux événements organisés mais les plus importants ont été ceux que nous avons faits après le Grand Prix avec l'équipe de course et ensuite à Enstone puis à Viry et enfin chez moi, à Oviedo. Pour moi, c'était très important de remercier les équipes des usines car c'est là que le championnat a commencé, grâce à leur travail appliqué. Et aussi car ils m'ont beaucoup appris cette année sur le fait d'être toujours fair-play et cette approche du sport que je garderai en moi toute ma vie. Comme pour mes supporters Espagnols, qui ont été fantastiques - je crois que ce sont les meilleurs au monde -, je devais leur dire merci en personne, pas uniquement par voie de presse.

Cela doit presque être irréel pour vous de vous retrouver face à plusieurs dizaines de milliers de personnes dans votre ville natale, dans les rues que vous empruntiez étant plus jeune...
FA : Oui ça l'est car je n'ai pas la sensation d'avoir changé en tant que personne. Mais leur soutien a été incroyable cette année, pas uniquement à Barcelone mais vraiment partout. Ils ont été derrière moi lorsque nous étions performants en début de saison mais lorsque nous semblions perdre notre avantage, leur soutien n'a pas fléchi, au contraire, il était à plus de 200% de ce qu'il était au départ. Lorsque j'étais à Oviedo, j'ai vu dans la foule un jeune bébé portant une casquette bleue Alonso et un vieil homme portant les couleurs bleue et jaune également. Le soutien, l'émotion de ces gens, c'est ce qui compte pour moi. Ils sont tous double champion du monde en Espagne.

Vous tournez une page en cette fin de saison 2006. Etes-vous triste de dire au revoir... ou avez-vous hâte d'entamer vos nouveaux projets ?
FA : Un peu des deux à vrai dire. Vous savez, l'équipe Renault a été fantastique. Ils sont comme ma famille en Formule 1 et ils seront toujours dans mon c½ur. J'ai des souvenirs formidables de nos années passées ensemble, ce chemin parcouru jusqu'aux célébrations après la course. Michelin s'en va également et cela représente beaucoup pour moi car je n'ai jamais roulé qu'avec Michelin depuis 2001. Cette année, cela aurait été si facile pour eux de se relâcher, simplement car ils savaient qu'ils s'en allaient. Ils ont connu des épreuves dans leur société mais aussi sur la piste. Mais ils ont tenu à montrer qu'ils avaient l'esprit de la course et qu'ils aimaient ce sport. Ils sont revenus plus forts et nous ont apporté l'avantage dont nous avions besoin pour gagner le titre. A Renault et à Michelin, je ne peux que dire merci et être heureux que nous ayons été capables de finir les choses comme il faut, en tant que champions. Maintenant, je me lance dans une nouvelle aventure.

Vous serez le seul champion du monde du plateau en 2007...
FA : Je ne pense pas que cela change quoi que ce soit pour moi ou dans mon approche. J'ai toujours cru que pour devenir champion c'était l'ensemble du pilote et de la voiture qui permettait de faire la différence. Vous ne pouvez pas devenir champion sans une bonne voiture et c'est ce que j'ai eu ces dernières années. Lorsque je courais pour Minardi, je me battais pour ne pas finir dernier et je ne crois pas avoir tant changé depuis cette époque...

Pensez-vous pouvoir gagner l'an prochain avec McLaren ?
FA : McLaren est une équipe très solide, avec d'importantes ressources. Ils n'ont pas fait une belle saison cette année mais nous allons travailler dur pour que je puisse être à 100% en 2007. Bien entendu, comme avec chaque équipe, il y aura un temps d'adaptation. Mais je roulerai à mon maximum, comme toujours, pour essayer de gagner.

# Posté le jeudi 07 décembre 2006 12:33

Giancarlo Fisichella : « J'ai progressé en 2006 »

Giancarlo Fisichella : « J'ai progressé en 2006 »
L'Italien termine quatrième au championnat du monde des Pilotes 2006, le meilleur résultat de sa carrière. Il revient pour nous sur ses deux saisons consécutives au sein de l'équipe championne du monde et nous confie ses espoirs pour le futur.

Giancarlo, vous terminez le championnat en quatrième position cette année, votre meilleur résultat jusque là. L'équipe décroche le titre Constructeurs pour la seconde année consécutive. Etes-vous satisfait de ce résultat ?
GF : Je crois que je peux être content de ma saison, oui. Une quatrième place au championnat du monde est le meilleur résultat de ma carrière et je suis monté sur le podium cinq fois cette année, contre trois fois l'an passé. J'ai gagné en Malaisie et j'ai marqué près de 25% de points en plus qu'en 2005. C'est une belle progression et je compte bien continuer sur cette lancée l'année prochaine pour me battre pour le championnat.

A quel point est-ce important pour vous de continuer à progresser en 2007 ?
GF : En tant que pilote de course, je crois que c'est toujours ce que vous cherchez à faire, vous ne pouvez pas vous contenter d'une seconde place. Certaines personnes se sont montrées très critiques cette saison mais le fait est que si j'avais roulé en 2006 comme en 2005, nous n'aurions tout simplement pas remporté le titre Constructeurs. Mais nous avons gagné après une lutte très serrée avec Ferrari et j'ai réussi à me mettre en avant plusieurs fois dans des moments pourtant difficiles. Cela a été une bonne saison et le résultat final est fantastique pour tous les membres de l'équipe même si je suis conscient qu'à certaines occasions, j'aurais pu mieux faire. C'est sur ce genre de choses que je compte me concentrer cet hiver dans ma préparation pour 2007.

Si on revient sur cette saison, quels sont vos meilleurs souvenirs ?
GF : En ce qui me concerne, je retiendrai la Malaisie. Tout s'est déroulé parfaitement ce week end là : j'ai fait la pole, j'ai mené quasiment toute la course et j'ai décroché la victoire. Fernando était sur le podium, à la seconde place et nous avons ainsi fait le premier doublé de Renault depuis 25 ans. Cela a été une course parfaite dans des conditions pourtant difficiles compte tenu de la chaleur et de l'humidité, un résultat final parfait. J'en garde un souvenir fantastique !

La bataille en 2006 fut beaucoup plus difficile qu'en 2005. Pour vous, cela a sans doute ajouté un peu de piments dans la mesure où vous vous battiez contre une équipe italienne.... Est-ce que cela a compliqué les choses pour vous ?
GF : Pas vraiment, non. Je pense que peu importe votre nationalité, être en lutte avec Ferrari est toujours quelque chose de très intense de par leur nom et leur histoire. Ils ont une place particulière en Formule 1 et c'est pourquoi c'est encore plus fort de réussir à les battre. Sincèrement, cette bataille avec Ferrari a été une chose très positive pour moi car cela signifie que presque toute l'Italie suit le championnat... et cela m'apporte du soutien par la même occasion. Je crois que cela a été une grande année pour le sport automobile italien.

De l'extérieur, la R26 semble avoir toutes qualités que peut demander un pilote... Quel était votre sentiment au volant de cette monoplace ?
GF : C'était une voiture exceptionnelle. Dès le premier tour de piste, j'ai tout de suite remarqué que c'était une voiture facile à piloter, très régulière. Le moteur était fiable et puissant dès les premiers essais en piste et n'a cessé de s'améliorer tout au long de la saison. A la fin de l'année, c'était un des blocs les plus performants du plateau et je crois que ce sera là un véritable atout pour notre équipe l'an prochain lorsque les spécifications moteurs seront fixées. Déjà l'an passé, l'équipe avait produit d'excellentes voitures et je suis confiant, ils sauront faire de même encore en 2007 !

L'an prochain, tous les regards seront tournés sur vous alors que vous serez à la tête de l'écurie championne du monde...
GF : Les gens seront attentifs l'an prochain et c'est normal. Ce sera ma troisième année avec l'équipe ce qui me permettra d'être plus à l'aise et plus compétitif encore. Les gens se feront très vite un avis et jugeront de nos chances mais c'est leur travail. Quant à moi, je vais me concentrer sur ce qui se passe à l'intérieur de l'équipe. Flavio a gagné sept championnats et il croit en moi. Pat Symonds a gagné lui-aussi sept titres et il a confiance en moi. L'équipe est derrière moi et nous travaillons bien ensemble. Maintenant, je dois progresser et passer à au niveau supérieur, comme je l'ai fait cette année. Et je suis persuadé que j'en suis capable.

Quelles seront les forces de l'équipe l'an prochain ?
GF : La stabilité et la continuité. Toutes les autres écuries de pointe doivent faire face à d'importants changements notamment dans leur équipe technique. Chez Renault, notre équipe technique est stable et ils ont déjà prouvé qu'ils étaient capables de concevoir une voiture pour gagner. Je connais déjà très bien mon co-équipier, Heikki Kovalainen, et nous avons une très bonne relation, nous saurons être très productifs. Ce sont les choses essentielles en Formule 1, lorsque vous savez maintenir un bon niveau de réussite. Et c'est pourquoi je suis très confiant pour la saison prochaine.

Il y aura également un autre défi intéressant à relever avec l'utilisation des pneus Bridgestone...
GF : Oui, ce sera un grand changement et j'ai hâte de commencer à travailler. Je connais les Bridgestone datant de 2004 et des saisons précédentes, ce sera donc une bonne référence pour moi. Je sais que l'équipe saura s'adapter très rapidement car c'est une des grandes forces de l'écurie Renault. En 2005, avec la nouvelle réglementation relative à l'aéro et aux pneus, nous étions d'entrée de jeu très performants. En 2006, nous avons totalement changé de moteur et Renault a su rester devant. Pour 2007, nous changeons de manufacturier pneus et je crois une nouvelle fois que nous nous adapterons mieux que nos concurrents.

# Posté le jeudi 07 décembre 2006 12:29

Flavio Briatore : « Fier de faire partie de cette équipe »

Flavio Briatore : « Fier de faire partie de cette équipe »
Le Directeur Général de Renault F1 Team explique ce que la double victoire au championnat du monde 2006 représente.

Flavio, Renault F1 Team est désormais double champion du monde. L'équipe a vécu deux saisons extraordinaires...
FB : Elles ont été fantastiques, en effet. Avec Renault, nous sommes partis depuis le fond de grille en 2001 pour finalement devenir double champion du monde, en décrochant notamment un double-doublé avec Fernando. La victoire de l'an passé restera un moment historique car Renault est devenu le premier constructeur généraliste à s'imposer en Formule 1. Renouveler cet exploit est sans précédent. Le Groupe Renault s'est engagé à long terme en Formule 1 car il bénéficie aujourd'hui d'une équipe capable de délivrer des résultats et de faire de cet engagement un investissement profitable. Gagner un second titre a confirmé que la victoire de l'an dernier était plus que méritée. Renault fait bel et bien partie des grandes équipes de Formule 1.

Quel est le secret de cette réussite ?
FB : C'est écrit sur les flancs de notre voiture : l'esprit d'équipe [Team Spirit]. Nous ne sommes pas l'équipe avec le plus gros budget, nous ne proposons pas les meilleurs salaires, nous ne nous offrons pas les services d'une superstar, dans aucun domaine. Nous travaillons en tant qu'équipe du début à la fin. Les gens parlent directement et ouvertement, ils exigent les standards les plus élevés et ont la volonté de se battre au plus haut niveau. La meilleure illustration remonte à cet été, lorsque nous avons dû faire face à plusieurs défis difficiles. Ils se sont concentrés sur leur travail et l'équipe a su rebondir. Je suis fier de faire partie d'une équipe comme celle-ci.

En ce qui concerne le package technique, vous avez su maintenir cette année votre niveau de compétitivité de 2005...
FB : Et nous sommes les seuls à y être parvenus ! Ferrari a cessé sa stratégie de développement fin 2005 pour commencer à préparer cette saison et ils se sont montrés très performants. McLaren a attaqué jusqu'à la fin de saison mais au détriment de leur saison 2006. Nous avons remporté le championnat l'an passé et nous étions les mieux préparés une fois encore au début de la saison 2006. Cette réussite revient en grande partie à Rob White et son équipe moteur à Viry. Ils ont conçu un nouveau bloc V8, ont patienté pour le faire tourner en piste et ce moteur a gagné la première course, d'entrée de jeu. Plus tard dans la saison, lorsque nous avons eu des problèmes, ils continuaient à travailler et à repousser les limites pour trouver le rapport optimal entre performance et fiabilité. Ils ont abattu un travail considérable, tout comme l'équipe d'Enstone, qui a, elle aussi, repoussé les frontières dans tous les domaines.

L'équipe a connu des hauts et des bas cette saison mais elle n'a jamais fléchi...
FB : Cela a été une saison très difficile, beaucoup plus qu'en 2005 que ce soit pour l'équipe ou pour Fernando. Nous nous sommes battus contre Ferrari et Michael qui jouait le titre pour la dernière fois et donnait vraiment son maximum dans cette ultime bataille. Cela a été une situation très stressante pour tout le monde et une lutte incroyable. C'est un honneur de s'être imposé face à Ferrari d'autant plus que beaucoup les désignaient déjà vainqueurs à certains moments de la saison. Finalement nous l'avons fait, nous avons réussi et les challenges que nous avons dû relever ne rendent la victoire que plus belle.

Au moment crucial de la bataille, l'équipe a-t-elle été capable de maintenir son efficacité opérationnelle traditionnelle ?
FB : Oui. Nous avons moins dépensé que Ferrari et nous avons gagné. Heureusement, ce n'est pas que l'argent qui rend une voiture performante en Formule 1. L'efficacité, l'innovation, la créativité, la faculté de gestion sont des paramètres tout aussi importants que les dollars dépensés. Nous avons un meilleur retour sur investissement que n'importe quelle autre équipe aujourd'hui.

Vous avez souligné la qualité de l'équipe derrière vous mais les pilotes ont certainement droit à une mention spéciale ?
FB : Fernando était tout simplement stratosphérique cette année, une véritable machine de guerre. Il a fait une saison incroyable sans commettre la moindre erreur. Notre relation avec lui a atteint cette année son point culminant et nous avons gagné ensemble une nouvelle fois. Giancarlo a fait un pas en avant lui aussi. Il a marqué plus de points qu'en 2005, il était plus à l'aise au sein de l'équipe et il peut continuer à progresser en 2007. De l'extérieur, les gens doutent de lui et le critiquent. Mais au sein de l'équipe, nous avons pleinement confiance dans sa capacité à se révéler à un tout autre niveau l'an prochain.

Sur le plan personnel, vous avez relevé d'importants challenges dont notamment un début de cancer pendant l'été...
FB : Oui et je me suis inspiré de notre équipe. Dino Toso, notre responsable aérodynamique lutte contre le cancer depuis maintenant deux ans et s'est montré remarquablement courageux. Ce diagnostic a été un autre obstacle dans une saison déjà remplie de défis. Et c'est ce que j'ai appris de notre écurie en 2006. Lorsque les choses vont mal, elle cherche au plus profond d'elle-même et rebondit encore plus forte, encore plus unie.

Si on se penche sur 2007 maintenant, vous avez dit que l'équipe viserait des victoires... Est-ce réaliste alors que le champion du monde en titre quitte l'équipe ?
FB : Nous ne serons certainement plus la même équipe l'an prochain sans Fernando et nous nous préparons à relever ce défi. Alonso était l'anti-Schumacher et nous espérons maintenant que Heikki sera l'anti-Alonso. Mais le pilote n'est qu'un élément du package. En dehors des trois écuries de pointe que compte la Formule 1, nous sommes les seuls à aborder 2007 avec une structure technique stable et c'est ce qui paie en Formule 1. Le management est stable et nous avons les investissements nécessaires pour pouvoir faire notre travail. Beaucoup on critiqué notre approche par le passé et ils le feront sans doute encore mais nous savons quel chemin nous empruntons et nous savons que c'est le bon.

L'équipe se prépare à devenir le ING Renault F1 Team...
FB : Nous sommes très heureux d'accueillir ING en Formule 1. Je pense que cela souligne l'importance de notre discipline en ce moment et le fait que nous soyons capables de remplacer les investissements de l'industrie du tabac. Cela montre aussi la force de notre équipe, que ING a choisie parmi un panel d'écuries telles que McLaren et Ferrari. ING est une société ambitieuse, qui croit en la Formule 1. Ils auront un impact important dès la première course puisqu'ils sont partenaires du Grand Prix d'Australie. Leur arrivée est une très bonne chose pour notre sport.

Finalement, comment décririez-vous la Formule 1 en cette fin de saison 2006 ?
FB : Je pense que notre discipline est en excellente santé en ce moment. En termes de structure, les équipes se sont engagées à long terme et les nouvelles règles leur permettront de réduire leurs coûts tout en offrant un meilleur spectacle. Plus important encore, nous avons offert un spectacle extraordinaire cette année et nous faisons la promesse de faire de même l'an prochain. La fin de championnat a enregistré un regain d'intérêt incroyable et les gens souhaiteront connaître la suite de l'histoire la saison prochaine. Nous avons une nouvelle génération de pilotes, des pilotes qui changent d'équipe, les cartes seront redistribuées. Les choses sont difficilement prévisibles, c'est excitant et c'est exactement ce dont ce sport a besoin.
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# Posté le jeudi 07 décembre 2006 12:22

Modifié le mercredi 24 janvier 2007 15:16

Mosley: la FIA a été trop sévère avec Alonso

Mosley: la FIA a été trop sévère avec Alonso
Max Mosley n'avait pas désiré désavouer ses commissaires lorsque ceux-ci avaient pénalisé Fernando Alonso de dix places sur la grille de départ du Grand Prix d'Italie pour avoir gêné Felipe Massa.


Mais aujourd'hui, alors que la tempête ne souffle plus, il peut enfin dire ce qu'il en pensait, à l'époque.


"Je n'aurais pas pénalisé Alonso (à Monza), mais je suis souvent en désaccord avec les commissaires - déclare Max Mosley, dans les colonnes du F1 Racing - en Hongrie par exemple, je n'aurais pas donné deux secondes de pénalité à Alonso pour ses freinages intempestifs... je l'aurais renvoyé à la maison!"


"Freiner de cette manière, c'est utiliser sa voiture comme une arme afin de menacer un autre pilote. Si vous faites ça sur la route, on vous retire votre permis de conduire," poursuit le président de la FIA.


"Lors de cette même course, je n'aurais pas infligé deux secondes de pénalité à Michael Schumacher pour dépassement sous drapeau rouge, parce qu'à cette occasion, il n'avait pas été le moins du monde dangereux. Mais je comprends les commissaires qui se disent que ne pas respecter un drapeau rouge, c'est plus grave qu'ignorer un drapeau jaune et donc que cela mérite une plus grosse sanction."


"Heureusement, mon opinion ne compte pas. Les commissaires, comme la Cour d'appel, sont totalement indépendants. Cela démontre au moins à quel point il est ridicule de dire que la FIA favorise tel ou tel autre camp ou de se plaindre que les sanctions sont différentes selon le Grand Prix. On ne peut pas toujours être d'accord avec la FIA, et pour ma part je ne le suis certainement pas, mais c'est le prix à payer lorsqu'on a un pouvoir judiciaire indépendant," conclut Max Mosley.

# Posté le jeudi 02 novembre 2006 15:47

Alonso pour la dernière fois à Viry

Alonso pour la dernière fois à Viry
Après avoir visité ses collègues de l'usine d'Enstone la semaine dernière, le jeune double champion du monde était lundi à Viry pour saluer une dernière fois les 250 membres de l'usine moteur du constructeur au losange.


Une ambiance chaleureuse et bonne enfant pour cette dernière rencontre, c'était ce que voulait Fernando. Accueilli par un tonnerre d'applaudissements, il se lança, dans un français presque impeccable.


"Merci, merci beaucoup. Je tiens à vous remercier tous pour votre travail. Nous sommes tous deux fois champion du monde. Ce que nous avons fait ensemble, c'est génial. Grâce à vous, j'ai pu courir avec un matériel exceptionnel. Le moteur Renault que vous m'avez donné en 2005 et 2006 était super. Une seule casse en deux ans, cette année à Monza, c'est formidable et avec le recul je crois que c'est amusant. J'avais un super moteur, une excellente voiture, moi j'ai simplement piloté du mieux que je pouvais, mais le championnat c'est d'abord ici, à Viry et à Enstone, que nous l'avons gagné, grâce au travail que vous avez fait. Alors merci!"


Très touchés par sa venue, les membres de l'usine de Viry l'ont remercié à leur tour, chaleureusement, en scandant son nom et lui souhaitent la réussite qu'il mérite dans ses projets futurs... mais attention, il aura fort à faire, la concurrence sera rude!


Une dernière photo de famille, les dernières accolades, il est presque difficile de se quitter. En voyant leur champion s'éloigner, tous les membres de l'usine entonnent: "Ce n'est qu'un au revoir..."


On ne dit jamais "adieu" à ceux que l'on porte dans le c½ur.

# Posté le jeudi 02 novembre 2006 14:03

Modifié le vendredi 03 novembre 2006 07:34