Giancarlo, cette année vous disputerez votre troisième saison avec le Renault F1 Team. Quelles sont vos attentes ?
J'attends de grandes choses de cette nouvelle saison. Renault est la seule équipe à avoir une véritable stabilité dans sa structure technique et ils savent concevoir des voitures qui gagnent. C'est ma troisième année au sein de l'équipe et je me sens à l'aise dans cet environnement. J'ai un nouvel équipier en la personne de Heikki et nous nous entendons déjà très bien. L'ambiance dans l'équipe est très bonne après deux saisons victorieuses et nous sommes très optimistes. Lorsque vous venez de remporter deux titres d'affilé, je pense que les choses ne peuvent en être autrement !
Comment savez-vous que vous serez en mesure de progresser encore cette année pour vous battre pour le championnat ?
Mon objectif est clairement d'être dans la lutte cette année. C'est dans cette optique que j'ai attaqué chaque saison avec Renault mais pour diverses raisons les choses n'ont pas toujours pu se concrétiser ces deux dernières années. J'ai une fantastique opportunité en 2007. Il y a de nombreux changements sur la grille et beaucoup parlent d'une nouvelle ère pour la Formule 1. Pour moi, ce n'est pas un nouveau départ : je continue sur la lancée de 2006. J'ai bien progressé l'an passé et mon objectif est de continuer dans ce sens en 2007.
La stabilité dont fait preuve l'équipe cette année sera-t-elle un atout selon vous ?
Oui, je crois mais nous ne craignons pas non plus le changement. C'est une bonne chose d'entamer une saison sur une base stable pour être ensuite capable de faire évoluer mes relations avec l'équipe. Cette continuité nous permettra d'être compétitifs dès le début de saison et nous avons vu en 2005 et 2006 à quel point il est important de bien commencer le championnat. Nous devons malgré tout faire face à quelques changements, notamment en ce qui concerne les pneumatiques avec notre nouveau partenaire Bridgestone. Mais ces dernières années, nous avons vu que Renault était une très bonne équipe pour s'adapter et relever de nouveaux défis. Je suis confiant, il en sera de même cette année.
Vous avez d'ores et déjà eu l'opportunité de rouler avec des pneus Bridgestone avant les fêtes de Noël. Quelles ont été vos premières impressions ?
Ces premiers roulages ont été très utiles pour nous donner un premier aperçu des pneumatiques et de leurs caractéristiques mais nous saurons où nous en sommes uniquement lorsque nous les exploiterons avec la nouvelle voiture. Les pneus Bridgestone sont très différents des produits que nous utilisions l'an dernier : ils ont moins de grip et requièrent d'autres réglages pour pouvoir en tirer le meilleur avantage. Nous avons d'ores et déjà de très bonnes relations avec Bridgestone et je sais, en ayant travaillé avec eux par le passé, qu'ils sont très professionnels. Nous serons en bonne posture pour Melbourne, j'en suis persuadé.
Ces deux dernières saisons, vous étiez l'équipier du champion du monde. Désormais, vous faîtes équipe avec un rookie. Cela modifie-t-il votre rôle au sein de l'écurie ?
En ce qui concerne le travail que je m'efforce d'accomplir, non. Mon objectif est toujours d'attaquer jusqu'à la limite, de tirer le meilleur de la voiture et de faire de mon mieux. Cela n'a rien à voir avec mon coéquipier. Bien entendu, mon expérience peut s'avérer très importante cette saison. Je suis désormais le troisième pilote le plus expérimenté du plateau et dans un contexte où de nombreuses équipes doivent faire face à d'importants changements, cela peut se révéler important, je crois. Les gens ne devraient pas également sous-estimer la motivation de l'équipe : Renault sait comment gagner une course et un championnat et elle a travaillé très dur cet hiver.
Les yeux seront tournés vers vous en 2007, vous serez le pilote expérimenté de l'écurie championne du monde en titre. Comment gérez-vous cela ?
J'ai soif de succès cette année et je suis très déterminé. Comme dans toute autre discipline sportive, il y a toujours des critiques pour douter et certains ne me considèrent pas capable de relever le défi. C'est normal, c'est leur rôle d'avoir une opinion. En ce qui me concerne, cela n'a pas d'importance. Les membres de l'équipe me font confiance et me sentent capable de faire mon travail. Je me suis entraîné très dur cet hiver et si la monoplace Renault se révèle rapide et fiable comme les années précédentes alors c'est une fabuleuse opportunité que je dois absolument saisir. Tous les pilotes débutent la saison au même niveau, les compteurs sont remis à zéro. J'espère faire de bons essais et me sentir totalement à l'aise pour pouvoir débuter très fort à Melbourne.
Une détermination mêlée d'humilité inspire Heikki Kovalainen, à l'orée de sa carrière en grand prix avec Renault.
Comment vous sentez-vous à l'aube de votre première saison en Formule 1 en tant que pilote titulaire ?
Heikki Kovalainen : Impatient et à la fois très concentré. J'ai travaillé toute ma vie pour en arriver là, dans un sens c'est un sentiment très fort de voir ce que j'ai réussi à atteindre. Mais je sais également que j'ai encore tout à prouver. C'est le début d'une nouvelle aventure et j'essaie de passer autant de temps que possible dans la voiture pour me préparer au mieux.
Dans quelle mesure votre saison en tant que pilote d'essais vous a-t-elle préparé à votre poste actuel ?
H.K. : Cela a été une très bonne année pour me permettre notamment de comprendre la voiture et ce qui permet d'être rapide en Formule 1. Cela m'a bien entendu bien servi pour découvrir et connaître l'équipe. Il n'y aura donc pas de mauvaises surprises lorsque j'arriverai dans le paddock pour la première fois car tout sera familier. 2006 a aussi été une saison quelque peu bizarre. Je suis un pilote de course, pas un pilote d'essais et cela fait du bien de revenir à ce que je connais le mieux, c'est-à-dire la compétition.
Pour ceux qui ne vous ont jamais vu courir en compétition, comment vous décririez-vous ?
H.K. : Je crois pouvoir dire que je suis un pilote agressif, qui ne relâche jamais ses efforts. En GP2 en 2005, mes résultats ont prouvé que peu importe la position dans laquelle je me trouvais, j'étais toujours prêt à me battre et à donner mon maximum. Je sais comment une course se déroule et je n'ai pas peur de me battre roue contre roue avec d'autres pilotes. La Formule 1 est une autre étape mais je tâcherai de garder la même approche. Ma devise a toujours été la même, tout comme Markku Alen : attaque maximum ! J'espère être en mesure de le montrer en 2007.
Le monde extérieur vous voit comme le remplaçant du champion du monde en titre qui a quitté Renault F1 Team. Est-ce une pression supplémentaire ?
H.K. : L'attente est nécessairement associée à une certaine forme de pression. Je ne m'attends pas à monter dans la voiture et être immédiatement en mesure de faire les mêmes résultats que Fernando et je ne pense pas d'ailleurs que ce soit ce que l'équipe attende de moi. Je suis confiant quant à ma capacité à faire du bon travail, Renault l'est aussi, c'est pour cela qu'ils m'ont choisi. Je m'efforce toujours de donner le meilleur ; je cherche à voir comment je peux m'améliorer, je me mets la pression pour aller toujours plus loin, c'est ce qui me pousse aujourd'hui à croire en moi. C'était déjà le cas en 2006 lorsque j'ai dû convaincre Renault que je pouvais faire ce travail. Cette année, il s'agira de tenir la promesse que j'ai faite !
Vous débutez avec une équipe qui a remporté deux titres de champion du monde consécutifs. Cela signifie que le minimum attendu sera nécessairement élevé...
H.K. : Oui, tout à fait. Notre objectif cette année n'est pas juste de marquer quelques points. J'ai des attentes que nous pourrons atteindre, elles résultent du fait que je me connaisse, que je sache ce dont je suis capable et ce que l'équipe est en mesure de réaliser cette année. De mon point de vue, c'est une opportunité exceptionnelle pour un rookie. Il est très rare de commencer sa carrière avec une voiture permettant de se battre pour la victoire. C'est un grand privilège pour moi et une chance que je devrai exploiter efficacement.
La question qui est aujourd'hui sur toutes les lèvres : l'équipe Renault est-elle en mesure de répéter les succès de ces deux dernières années ?
H.K. : Je crois que nous devons rester calmes, éviter de faire des plans sur la comète et attendre de voir comment les choses se déroulent. D'ici la première course, nous devons rester concentrés sur notre travail, nous préparer et exploiter au mieux chacune des séances d'essais. Avant d'arriver à Melbourne, j'aurai douze jours de roulage avec la nouvelle voiture, dont notamment deux séances à Bahreïn. Je pense que nous serons en bonne posture pour attaquer la saison. Un autre avantage pour moi est le nouveau format de la séance d'essais du vendredi. Nous pourrons faire autant de tours que nous le souhaiterons lors des deux séances de 90 minutes, ce qui me permettra d'apprendre les circuits. Ce sera très important pour pouvoir augmenter le rythme rapidement et d'ici le samedi de Melbourne, je pense être prêt pour attaquer ma première séance de qualifications.
Quelle sera votre approche pour aborder votre première course à Melbourne ?
H.K. : Une grande partie de mon approche concerne le niveau de compétitivité de la monoplace et nous saurons vraiment ce qu'il en est après les essais hivernaux. En tant que rookie, vous ne pouvez qu'aller droit au casse pipe si dès votre première saison vous dîtes que vous visez la victoire et qu'ensuite vous n'êtes pas en mesure de tenir votre engagement. Je prends donc les choses par étape. Je veux d'abord bien me qualifier. Prendre un bon départ. Passer le premier virage et boucler le premier tour en bonne position, faire un bon premier relais, ne rencontrer aucun problème lors du ravitaillement... et peut être marquer quelques points. C'est un bel objectif que peu de pilotes sont à même de relever dès leur première course.
Finalement, quelles sont donc vos attentes pour cette année ?
H.K. : Je sais que ce sera une saison où j'aurai beaucoup à apprendre mais mon premier objectif est de ne pas commettre d'erreurs. Il y en aura très probablement mais il faut tenter de les éviter autant que possible. Après, il faudra que je tire avantage de toute opportunité qui me sera offerte. Pour faire cela, j'aurai besoin de la meilleure préparation qui soit, de communiquer de la meilleure façon possible avec les ingénieurs. Nous nous comprenons déjà très bien et j'aurai bouclé beaucoup de kilomètres avec la voiture. Melbourne sera un défi très important mais c'est justement ce qui le rend si excitant !